22 janvier 2024
Dans l'atelier secret du peintre — Une journée à Casablanca
Visite exclusive de l'atelier de Younes Khourassani à Casablanca. Entre les bombes de peinture cellulosique et les toiles monumentales en cours, un aperçu unique de son processus créatif.
L'atelier de Younes Khourassani est situé dans un quartier discret de Casablanca. Rien, de l'extérieur, ne trahit ce qui s'y passe. Mais une fois le seuil franchi, le visiteur est saisi par une atmosphère unique : l'odeur âcre et douce de la peinture cellulosique, la lumière du jour qui entre par de grandes baies vitrées, les toiles en cours qui tapissent les murs.
L'artiste travaille seul, le plus souvent. Il peut passer des heures à observer une toile, à en étudier les reflets, avant de saisir une bombe de peinture. "Le travail ne commence pas quand on peint. Il commence quand on regarde", explique-t-il.
Le processus est physiquement exigeant. La peinture cellulosique demande une application précise, des gestes amples et contrôlés, une capacité à gérer le hasard tout en maintenant une vision d'ensemble. Khourassani décrit cela comme un "dialogue avec la matière" : il propose, la peinture répond, parfois de manière inattendue.
Sur un chevalet trône une toile monumentale en cours — peut-être deux mètres sur trois. Des couches successives de pigments argentés et dorés créent une profondeur qui semble infinie. "Je suis en train de chercher quelque chose que je ne sais pas encore définir", dit l'artiste avec un sourire. C'est peut-être cela, la définition même de sa pratique.
